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Les dernières décennies du siècle dernier ont vues la médecine se transformer profondément pour devenir de moins en moins un art et de plus en plus une science. Parallèlement, les sciences dures ont découvert les phénomènes chaotiques dont relèvent les mécanismes du vivant. Pour les médecins comme pour les ingénieurs, c’est un bouleversement des paradigmes et une grand leçon d’humilité: Il a fallut admettre que le déterminisme de la nature échappait à notre intelligence déductive dès lors que nous abordions les phénomènes complexes et en particulier tout ce qui touche au vivant.

De grands esprits le pressentaient depuis longtemps:

Henri Poincaré fut le premier à montrer que les équations de Newton utilisées par Laplace dans sa description du système solaire n'étaient pas solubles si on ne négligeait pas l'action des autres corps intervenant entre le soleil et chaque planète. (Le problème des trois corps). Il faisait tomber là le mythe de l'Univers déterministe réglé et prévisible. Il fallut cependant attendre les années soixante pour que la puissance de calcul des ordinateurs confirment et exploitent la notion de déterminisme chaotique, c'est-à-dire imprévisible analytiquement et dont la simulation ne peut être qu'approchée.

Si le chaos commence à trois corps, c'est à dire à trois facteurs influençants, il est clair qu'il n'est rien dans le processus du vivant qui ne soit pas chaotique. Et c'est justement parce que le moindre phénomène y est complexe, dépendant d’une infinité de facteurs indéterminables dans leur totalité, qu'on ne peut pas compter sur les raisonnements “savants” pour déduire la meilleure façon d’en influencer le cours. Il faut “essayer” les hypothèses logiques et les soumettre à l’expérience. Et c'est ainsi que la médecine s'intègre totalement à la science : Nos hypothèses doivent être “falsifiables” pour être scientifiques.


C’est de cet impératif qu’est née la notion de “médecine par les preuves”.

Tous les anciens traitements ont été réévalués et beaucoup ont été abandonnés faute de pouvoir prouver les services auxquels ils prétendaient.

De la même façon, la conduite à tenir du médecin est sans cesse remise en cause par la sempiternelle question: Est-ce la meilleure procédure? Est-ce celle qui donnera la meilleure chance au malade, avec les moyens qui existent aujourd’hui… et au meilleur prix?

Compte tenu de l’enjeu de la santé dans les pays occidentaux, des investissements considérables alimentent la recherche médicale et c’est certainement un des domaines où la connaissance progresse le plus vite. L’époque des magnifiques encyclopédies médicales est bien terminée car elles n’auraient pas le temps d’être publiées que déjà elles seraient obsolètes dans bien des domaines.  L’ère de l’imprimerie qui a commencé  en europe au XVeme siècle (mais bien avant en Corée, en Chine et au Japon!) cède progressivement la place à l’informatique, seule à même de répondre aux besoins d'instantanéité et d’universalité de la diffusion du savoir.

Pour l’heure, les informations sur la médecine en général et sur la cardiologie en particulier,  empruntent encore toutes les voies et affluent de partout: Presse spécialisée ou pas, laboratoires, conférences, congrès et bien entendu Internet, où on trouve le meilleur et le pire. Toutes ces sources d’information ne sont pas désintéressées, loin de là, mais existe t’il seulement une activité humaine qui soit réellement désintéressée? Les informations abondent et le problème est plutôt de ne retenir que ce qui est utile sans rien omettre de l’essentiel.

C’est le travail nécessaire de tout spécialiste qui doit renouveler sans cesse des connaissances  de plus en plus éphémères.


Comme tous les cardiologues, je prend des notes dans les congrès, je lis des revues, j’assiste à des conférences, je participe à des débats, je suis abonné à des RSS et j’essaie de retenir tout ce qui peut améliorer ma pratique.

Il m'a parut intéressant de rassembler ces données sur un blog car  par sa conception de journal de bord, le blog se prête bien au recueil de ces informations dispersées que je vais pêcher un peu partout (mais non pas au hasard!) et la datation des informations traduit bien la relation au temps que comporte désormais toute parcelle de la connaissance.


Ce blog n’est donc rien d’autre que mes notes de formation continue, puisque c’est le terme consacré d’une pratique obligatoire de par la loi.

Il n’a aucune autre prétention, et bien entendu n’engage que moi seul, bien que je m’efforce de m’informer aux meilleurs sources mondiales et auprès des experts les mieux reconnus de la profession.

Mais pourquoi mettre en ligne des informations qui s'y trouvent déjà ou qu'on peut trouver ailleurs? C'est que je crois qu’une opinion a tout à gagner à se soumettre à la critique des autres pour corriger ses erreurs ou affiner ses arguments. De plus, l'information consiste pour beaucoup à éliminer l'anecdotique pour ne retenir que l'essentiel à un type de pratique particulier. Ma pratique est celle d'un consultant exclusif et libéral, mais mon  parcours technique polymorphe contribue à stimuler mon intérêt pour les techniques que je ne pratique plus directement.


Ceci dit, si cette synthèse peut être utiles à quelques uns de mes confrères, notamment ceux dont la rédaction n’est pas la tasse de thé,  ou ceux dont l'expérience est encore trop parcellaire,  j’aurais en outre la sensation de faire oeuvre utile et j’en serais très heureux.

N’hésitez pas à utiliser les clicks prévus pour vos éventuels commentaires…


Yvon GOUEL

 

DR.Yvon Gouel

Présentation de mon Blog

                              

Ce blog s'adresse essentiellement aux cardiologues et aux médecins. 

Mais son accès est libre.
Qui  suis-je?shapeimage_9_link_0

“Faut-il utiliser des anti-thrombotiques pour prévenir le thrombus à l'origine de l’infarctus du myocarde? “
Le raisonnement logique nous persuaderait que oui. 
L'expérience nous a montré que non. 

Aller au delà des illusions de nos sens, dépasser le rudimentaire de nos capacités déductives, adhérer à une intelligence collective mondiale et puiser dans la connaissance qu'accumule sans limite l'humanité, tel est le chemin que nous impose la médecine moderne pour que nous restions, nous autres médecins, les interprètes privilégiés entre une humanité qui souffre et une science de plus en plus complexe et déroutante qui génère les espoirs les plus fous mais recèle aussi les potentiels les plus terrifiants.


“Faut-il utiliser des anti-thrombotiques pour prévenir le thrombus à l'origine de l’infarctus du myocarde? “

  1. Le raisonnement logique nous persuaderait que oui.

  2. L'expérience nous a montré que non.


Aller au delà des illusions de nos sens, dépasser le rudimentaire de nos capacités déductives, adhérer à une intelligence collective mondiale et puiser dans la connaissance qu'accumule sans limite l'humanité, tel est le chemin que nous impose la médecine moderne pour que nous restions, nous autres médecins, les interprètes privilégiés entre une humanité qui souffre et une science de plus en plus complexe et déroutante qui génère les espoirs les plus fous mais recèle aussi les potentiels les plus terrifiants.