La complexité du vivant

expliquée simplement

 

 



 


 

 

 

 

Contrairement aux idées répandues, ce sont des lois simples qui engendrent la complexité de l’univers. Elles sont indéfiniment répétées et engendrent des phénomènes et des structures si complexes qu’il devient impossible pour un homme, d’en connaître tous les aspects. Le champ infini de cette connaissance est celui qui alimente le savoir et la complexification  de la société humaine.



Pour comprendre, l’individu doit bien se garder de se perdre dans les détails, même si son métier ou sa curiosité le poussent parfois à approfondir un domaine particulier. Il doit garder à l’esprit les mécanismes simples qui eux, sont immuables et qui, non seulement expliquent notre passé, mais continuent à conditionner notre avenir.



Je me propose ici de donner au lecteur novice, un fil d’Ariane qui permette de ne pas se perdre dans le labyrinthe que constitue la  complexité du vivant.



Il ne s’agit pas d’un exposé magistral mais d’ un outil pédagogique qui pourrait être utile à des non scientifiques intéressés par les sciences du vivant ou à des scientifiques formés dans d’autres domaines. J’espère que cette brève synthèse leur sera d’une lecture facile tout en leur ouvrant un large champ de réflexion.

Je donnerai ici une conception totalement physicaliste du vivant. C’est la position de la plupart des savants qui se penchent sur les propriétés du cerveau notamment et sur les mécanismes de l’évolution en général, mais pas de tous.

C’est notamment celle de Gérald EDELMAN : 

« Ma…présupposition est fondée sur le fait d’admettre qu’on doit strictement obé ir aux principes de la physique et que le monde défini par la physique est causalement fermé. Il ne comprend pas de forces fantomatiques contrevenant à la thermodynamique.»



J’essayerai de suivre les conseils d’un grand pédagogue:

« Si vous n'arrivez pas à expliquer un concept à un enfant de 6 ans, c'est que vous ne maîtrisez pas ce concept.» A. Einstein.



Le principe très simple qui va nous guider au cours de ce livre est le suivant :



1)Tendance au désordre:



Tout ce qui est matière dans l’Univers est soumis à des forces qui dépendent de facteurs multiples et variables et qui déterminent des comportements aléatoires, c’est à dire qui se font au hasard. C’est là un principe connu depuis longtemps qui est la tendance spontanée au désordre, expression du second principe de la thermodynamique des physiciens qui exprime la croissance de l’entropie  (c’est-à-dire du désordre) dans un système isolé.

Tout le monde peut le constater, les choses n’ont pas tendance à  se mettre spontanément à leur place si on ne les range pas !





2)Auto Organisation du chaos:



Cependant, parmi tous les comportements possibles (vitesse, position), tous peuvent se produire selon la même probabilité, y compris des situations particulières exceptionnellement favorables … ou calamiteuses ! Ainsi, une particule lancée à toute vitesse dans l’immense vide de l’univers a peu de chance d’en percuter une autre, et pourtant ce n’est pas impossible ! Il peut en résulter des conséquences tout aussi exceptionnelles comme, par exemple, la mise en jeu de forces n’intervenant qu’à courte distance qui pourraient solidariser ces deux particules définitivement ou jusqu’à ce que survienne un autre événement tout aussi improbable. Dans ce cas, nos deux particules vont avoir un destin lié en raison d’une organisation particulière plus complexe, grâce à laquelle elles ont pu constituer un nouvel élément stable.

Il s’agit d’une « auto organisation » grâce à laquelle les deux particules ont formé un ensemble stable plus complexe.

Cette notion d’auto organisation des systèmes dit chaotiques, c’est-à-dire imprévisibles, est de connaissance beaucoup plus récente car elle n’a pu être étudiée qu’avec le pouvoir de calcul des ordinateurs à la fin des années 60. Il en a résulté une « nouvelle sorte de science » selon l’expression consacrée par le livre de Stephen Wolfman (A new sort of science). Mais nous n’entrerons pas dans les théories.

Pour rester simple , tout le monde peut comprendre combien il a pu être improbable de rencontrer la personne qui a le plus infléchi le cours de sa vie et tout ce qui en a résulté !

Ces éléments nouveaux, nés de l’auto organisation, plus complexes, mais qui perdurent dans la mesure où ils sont stables, peuvent à leur tour, mais avec une probabilité tout aussi faible, se complexifier en s’organisant avec d’autres éléments et rencontrer un état d’équilibre stable qui en feront des éléments d’un degré de complexité supérieur.

Nous verrons ainsi que l’Univers qui comporte globalement un flux d’énergie sans but allant vers un état d’entropie maximal, a permis localement la complexification sans cesse croissante d’une matière qui a élaboré des édifices magnifiques aussi improbables que la vie, aussi sophistiqués que le cerveau et la conscience, aussi imprévisible et redoutable que ne l’est l’humanité.



Nous ne ferons que survoler les différentes étapes de cette complexification qui s’étale sur plus de 13 milliards d’années, mais qui s’accélère à chaque fois, suivant une loi elle aussi récurrente : Plus un système est complexe, plus il a tendance à se  modifier et plus il continue à se complexifier rapidement.

Dans une première partie, je rassemblerai en quelques chapitres des données scientifiques issues de disciplines multiples. Nous survolerons les théories de l’univers, la physique des particules, la chimie, la biologie, l’évolution des espèces, pour en venir à l’homme chez qui culmine cette complexité explorée déjà par la neurobiologie et qui est à l’origine de la conscience, de l’intelligence et de l’organisation sociale dont il est une composante. Ce sont là des faits ! C’est ce que tout esprit curieux peut savoir ou apprendre en étudiant les diverses disciplines scientifiques que j’ai citées. C’est ce que je sais, et que je présente de façon synthétique et imagée pour en faire apparaître la logique, le caractère spontané et inéluctable afin que le lecteur qui m’aura suivi en arrive à se dire: «C’est évident, et il est certain que ça ne s’arrêtera pas là ! ».



Dans une deuxième partie, je passerai du descriptif au prospectif. Il ne s’agit plus de ce que je sais, mais de ce que je crois :

J’ai consacré tout un chapitre au problème du chômage qui a été pour moi le déclic ayant déclenché cette réflexion dans les années 90. Loin d’être un phénomène conjoncturel comme il est de bon ton de le dire, il apparaît comme un symptôme de rupture définitive entre la société complexe et les éléments biologiques qui la constituent. C’est donc un signe d’appel qui nous engage à investiguer plus loin les conséquences inéluctables d’un phénomène sur lequel nous n’avons pas de pouvoir et qui est inexorable : La complexification sociale se nourrit chaque jour de la croissance cumulative des connaissances de l’humanité. Le futur immédiat se lit déjà dans les sujets d’études des chercheurs, dans les ambitions des militaires, dans les investissements des financiers, dans la politique des états ! Le séisme qui s’annonce pour les décennies à venir dépassera en ampleur et en traumatisme la révolution industrielle et informatique des deux siècles derniers. Ce qui, hier, était impossible ou inimaginable est aujourd’hui quasi certain dès lors qu’on en a évalué la faisabilité.

L’homo sapiens ne sortira pas indemne de cette explosion. La culture occidentale à laquelle nous tenons, ce système de valeurs que nous avons fait notre et que beaucoup d’occidentaux considèrent, à tord ou à raison, comme supérieur à  tout autre au point de s’imaginer qu’il s’imposera au reste de l’univers, ce qu’il faut bien appeler cependant le mythe fondateur de notre société, le dogme des droits de l’homme, montre aujourd’hui ses failles et ses incohérences. Notre système de valeur se trouve lui aussi soumis à une compétition darwinienne et il devient évident qu’il ne survivra pas s’il ne sait pas s’adapter.



Je donnerai plus tard mon opinion personnelle sur ce qu’il conviendrait de faire, selon moi, pour éviter le pire, en faisant la part du feu. Mais cette réflexion ne m’appartient plus et doit devenir celle du débat public, car il en va de l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Beaucoup de lucidité sera nécessaire. Puis-je y contribuer quelque peu !

 




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